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Les copains et les coquins à la touche…mais vigilance

Comment expliquer ces voyages impromptus de Faure dans la sous-région et cette visite inopinée de Talon après avoir rencontré Akufo Addo ?

Ce 11 octobre 2017, le président du Bénin, Patrice Talon, en provenance d’Accra, où il a échangé avec le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, a fait une escale à Lomé pour, officiellement, s’entretenir avec Faure Gnassingbé sur les questions de coopération bilatérale et de sécurité transfrontalière et pour faire le point avec lui sur les questions relatives à l’intégration régionale (republicoftogo). Le 10 octobre 2017, Faure Gnassingbé s’est invité à Conakry pour y rencontrer le président de la Guinée, Alpha Condé qui est aussi l’actuel président de l’Union africaine. Selon la présidence togolaise, les deux hommes ont évoqué les questions d’intérêt sous régional et la situation politique au Togo caractérisée par un débat tendu autour de la révision constitutionnelle (republicoftogo). Déjà, le 5 octobre 2017, Faure Gnassingbé qui n’a pas de première dame connue, était à Niamey, à titre de président de la Cédéao pour, officiellement, donner le coup d’envoi du forum des premières dames de l’organisation régionale.

Comment expliquer ces voyages impromptus de Faure dans la sous-région et cette visite inopinée de Talon après avoir rencontré Akufo Addo ?

D’abord, ils démontrent que la communauté internationale commence enfin à prendre au sérieux la détermination du peuple togolais, pour s’inscrire dans un vrai schéma de prévention de conflits.

Ces déplacements et visites sont également des signes de panique. Faure, malgré une sérénité affichée ne trouve plus le sommeil depuis que son opposition a refait son unité sous l’impulsion, la ténacité et la vigilance des togolaises et des togolais et que la région septentrionale jusque-là chasse gardée du système cinquantenaire gronde. Mais à voir de près, Faure est en réalité coincé entre son opposition poussé par le peuple fatigué des Gnassingbé et les extremis de son camp qui sont prêts à le balayer s’il cède la moindre pouce de pouvoir. C’est ce qui le pousse à entreprendre ces voyages et à recevoir à tour de bras, qui traduisent :

  • soit la recherche de soutien des pairs, désormais fatigués de son cynisme et son entêtements qui mettent en péril la paix au Togo et partant dans la sous-région ; nous n’en voulons pour preuve la position claire de l’ex-président du Nigéria, le général Oluségun Obasandjo qui avait aidé Faure à s’installer au pouvoir en 2005 et qui ne lui a pas pardonné son refus de libérer le général Tidjani, qu’il avait emprisonné pour tentative de coup d’Etat ;
  • soit la recherche d’une médiation lui garantissant une sortie honorable et sans risque pour en finir avec cette crise sociopolitique qui fatalement déboucherait sur une crise socioéconomique aux conséquences plus dévastatrices pour lui et qui le feront éjecter sans préavis et brutalement par les siens ; c’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’initiative de Wanep Togo financée par le PNUD Togo, qui consiste à réunir sur un plateau de télévision et devant un public acquis au pouvoir, des parlementaires de la majorité et de l’opposition pour trouver en direct une solution à la crise togolaise qui dure depuis 27 ans, d’une part, et ces appels de pied que font Natchaba, ancien président de l’Assemblée nationale, Trimua, conseiller spécial à la présidence et enfin le site republicoftogo, à Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition, afin qu’il prenne directement attache avec Faure pour dénouer la crise, d’autre part.

Ce ballet des présidents dans le dossier togolais traduit une autre chose : le dossier togolais est retiré à Cédéao, car son président en exercice, Faure Gnassingbé y est juge et partie, de même que Marcel de Souza, le président de sa commission exécutive, le beau-frère de Faure.

Enfin cette situation est un indicateur tangible de ce que les réseaux sociaux annoncent depuis quelques jours, à savoir une initiative du secrétaire général de l’ONU qui implique des présidents de la sous-région. Dans cette perspective, il est certain qu’Ibn Chambas, le représentant du Secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique de l’ouest et le sahel, perd la main donc est mis sur la touche pour le moment dans ce dossier togolais, et ce serait tant mieux. C’est au vu de la tournure que prend ce dossier que Jean Michaelle de l’OIF a dû sursoir une seconde fois la mission dépêchée au Togo, le temps de trouver un chef de mission qui agréé l’opposition togolaise en lieu et place de Aichatou Mindaoudou Souleymane, ancienne ministre des Affaires étrangères du Niger, ancienne Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire (Chef de l’ONUCI).

Finalement il faut croire que le dossier togolais, complique la tâche des copains et coquins, qui ont du mal à s’imposer. Mais restons vigilants et surtout mobilisés, car le réseau de ces serpents est puissant et ne capitule jamais, tant que l’argent coule à flot. La preuve, Ibn Chambas s’est déjà fait inviter au Togo pour participer au colloque international qu’organise le professeur Dodzi Kokokroko, Président de l’Université de Lomé sur le thème « les 25 de la constitution de la 4e République du Togo 14 octobre 1992 – 14 octobre  2017 » ; il sera aux côtés de Awa Nana Daboya qu’il a longtemps côtoyé à Abudja.

Pour détourner les pièges que ces scorpions tendent à la démocratie togolaise, l’opposition doit maintenir sa cohésion d’action face à tout interlocuteur et doit s’en tenir au cahier de charges que lui impose le peuple.

Pour ce qui concerne les togolaise et les togolais, ils tiennent cette fois-ci le bon bout ; à travers les marches pacifiques initiées par les forces démocratiques, ils doivent continuer à réclamer le retour de leur constitution de 1992 et dans sa version originale. Plus ils seront nombreux à marcher, plus le système cinquantenaire sera déstabilisé et complaira dans des contradictions comme celles-ci : le ministre de la sécurité estime qu’aucune des marches initiée par l’opposition n’a comptabilisé plus de 15 000 marcheurs dans tout le Togo ; mais le même ministre à côté de son collègue en charge de l’administration territoriale trouve normal que ce dernier déclare que ces marches de 15 000 personnes perturbent sérieusement les jours ouvrables les activités économiques, et qu’il faut les interdire.

Hampaté Ba Junior






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