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Coup de bluff : Boukpessi annonce la restriction de la liberté de réunion et manifestation pacifiquement et publiquement au Togo

Il ne sera plus possible de manifester en semaine dans les rues de Lomé et des villes de l’intérieur du pays… D’où sort cette décision qui ne se fonde sur aucun texte légal et qui n’est annoncée ni par un conseil des ministres, ni par le site republicoftogo, souvent si bavard. ?

Suite à la sortie médiatique des ministres de la Sécurité et de la protection civile, et de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, le 10 octobre 2017,  afreepress nous apprend que gouvernement togolais a décidé qu’il « ne sera plus possible de manifester en semaine dans les rues de Lomé et des villes de l’intérieur du pays […] pour assurer la tranquillité et la sécurité des élèves et des activités économiques [et que] les manifestations en semaine se feront sous forme de meeting ou de réunions publiques… ». Autrement dit, les marches pacifiques ne seront autorisées que les week-ends.

Mais curieusement cette décision d’une telle importance n’a pas été annoncée par un conseil des ministres, elle ne se fonde pas non plus sur un texte légal et enfin, au moment où nous écrivons, elle n’est toujours pas relayée par republicoftogo, ce site officieux du gouvernement si bavard souvent.

Tout se passe comme si les ministres Boukpessi et Yark cherchent à tester la réaction de la coalition des 14 partis de  l’opposition et surtout à faire peur aux togolaises et togolais qui depuis le 19 août 2017, montrent qu’ils sont plus que jamais décidés à en découdre avec un système cinquantenaire.

Comment accepter un tel dictat ? En attendant une réponse appropriée souhaitable et souhaitée de la coalition des 14 partis de l’opposition, des responsables politiques refusent catégoriquement de se soumettre à cette décision inique et sans fondement ; et comme le clame le chef de file de l’opposition : « s’ils ne veulent pas respecter la loi, le peuple ne la respectera pas non plus. Les manifestations sont désormais spontanées au Togo ».

Rappelons que la CDPA a validé le projet de loi fixant les conditions d’exercice de la liberté de réunion et manifestation pacifique et publique. Après son vote le 13 mai 2011, son auteur, Pascal Bodjona, alors ministre en charge de l’administration territoriale avait déclaré qu’elle  «… est une avancée notable»; et republicoftogo qui avait recueilli ses propos à l’époque de commenter : «l’objectif premier de cette loi n’est pas de restreindre les libertés fondamentales, […] mais d’encadrer l’organisation de la gestion des manifestations, ceci conformément à l’esprit et la lettre de la constitution de 1992, notamment en ses articles 14 et 30 »

En effet, avec cette loi dite Bodjona, on aurait pu penser, comme Togoportail (journal en ligne), que « les Togolais pourront désormais manifester librement dans les lieux publics tous les jours dans les rues du pays ; [qu’] il n’est plus question que le droit de manifestation ne s’exerce seulement que dans les week-ends, les jours ouvrables dorénavant sont autorisés à vivre des manifestations publiques. Mais cette opportunité est conditionnée par une autorisation préalable délivrée par l’autorité. »

Aujourd’hui que reste-t-il de cette la loi ? A cette question icilome (journal en ligne) répond « les témoignages sont plus parlants que les récits. Que ce soit des manifestations publiques, politiques ou sociales, le gouvernement, par des arguties, s’y opposent toujours. Aujourd’hui, les manifestations publiques restent quasi interdites au Togo. La contribution des forces de l’ordre et de sécurité, et même de l’armée, est d’un grand secours pour le régime à cet effet. […] il est donné de constater que la liberté de manifestation n’existe plus au Togo. Et pour cause, de nombreux stratagèmes ont été élaborés du côté du pouvoir pour remettre en cause cette loi. Les manifestations sont purement interdites sans motivation. Ceux qui s’y opposent s’exposent à la colère des forces de l’ordre et de sécurité, appuyées la plupart du temps par des éléments de l’armée qui, au lieu de défendre l’intégrité territoriale et assurer la protection du peuple, se retournent contre ce dernier et l’arrosent de balles réelles. […] Il est d’ailleurs clair pour tous aujourd’hui qu’ici, une manifestation publique (politique ou sociale) n’a lieu que si la minorité au sommet le décide. On n’a visiblement que faire des lois et textes qui régissent la vie du pays. »

Hampaté Ba Junior

Intégralité de la Loi du 13 mai 2011, fixant les conditions d’exercice de la liberté de réunion et manifestation pacifique et publique : http://www.assemblee-nationale.tg/images/documents/Loi-fixant-les-conditions-dexercice-de-la-libert%C3%A9-de-r%C3%A9union-et-de-manifestations-pacifiques-publiques.pdf






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