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Culture : Georgette Nafiatou Adjoavi Bella Bellow

Née le 1er janvier 1945 à Tsévié, ville située à 35 km de Lomé, au Togo, Georgette Nafiatou Adjoavi Bella Bellow aka Bella Bellow est la pionnière des musiques urbaines ouest-africaines.

Née le 1er janvier 1945 à Tsévié, ville située à 35 km de Lomé, au Togo, Georgette Nafiatou Adjoavi Bella Bellow aka Bella Bellow est la pionnière des musiques urbaines ouest-africaines. Révélée au début des années 1960, elle s’est rendue célèbre par des titres comme “O Sényé” (Mon destin), “Bléwu” (Patience), “Bem Bem” (Merci, merci), des compositions reprises par diverses chanteuses du continent comme Afia MalaAngélique Kidjo ou Vicky Bila. Bella Bellow décède le 10 décembre 1973 dans un accident de la circulation…

Son enfance

Georgette Bella Bellow passe son enfance à Agouényivé avant de partir en 1950 à l’Ecole catholique des Sœurs Notre Dame des Apôtres à Lomé. par la suite, elle s’inscrit au Lycée de Sokodé puis au Lycée Bonnecarrère à Lomé pour ses études secondaires. Elle a à peine onze que déjà ses qualités vocales – elle est capable de glisser des notes les plus aiguës aux plus graves – et son timbre particulier font parler d’elle dans les fêtes scolaires et populaires. Plus tard, elle rejoint Lomé pour ses études secondaires. En 1963, elle se distingue à Lomé, en chantant au Centre Communautaire d’Adjamgba- Komé, puis au Centre Culturel Français avec son frère Désiré Bellow, en interprétant “Mawudeka ye lanya” (Dieu seul saura). C’est à cette période que son professeur de dessin au Lycée de Sokodé et célèbre peintre togolais, Paul Ahyi voyant en elle une carrière plus que prometteuse, la présente au producteur Gérard Akueson, le premier Africain à fonder en 1962 une maison de disques à Paris (France), Disques Akue.

L’après-indépendance

En 1965, l’offre du Président du Dahomey (actuel Bénin), Hubert Maga, de chanter pour la fête de l’indépendance du pays lance la jeune chanteuse sous les feux des projecteurs. Un an plus tard, sa popularité l’entraîne au Festival Mondial des Arts Nègres de Dakar (Sénégal) où son répertoire puisé dans le patrimoine musical togolais lui vaut son premier succès continental et lui ouvre les scènes du monde. Lorsque Bella débarque en 1966 à Abidjan (Côte d’Ivoire) pour des études de secrétariat, elle est vite happée par les médias. Dans la capitale ivoirienne, elle finit par s’inscrire à l’École des Beaux-Arts où elle apprend le solfège. Inspirée par Miriam Makeba, la grande chanteuse sud-africaine, et les contes de sa terre natale qu’elle adapte musicalement, elle collectionne les radios crochets. Sa voix soft, chantant des poésies africaines sur des rythmes “gabada” yoruba (proche de la juju nigériane) ou dansants de rumba congolaise, teinté de bluessoulpopjazz ou rhythm’n blues, fait bientôt vibrer un des représentants du tourisme africain qui la propose en remplacement de Miriam Makeba à Genève, en Suisse. En 1968 à Paris, elle enregistre plusieurs 45 tours, dont Bella Below (un disque éponyme réalisé par Christian Jourdinaud), Nye Dzi / La Foulou / Awoula / Blewu et Bem Bem / O Sényé, produits et distribués par Les Disques Akue de Gérard Akueson, ou encore Zelie / Rockia, produit par Manu Dibango. Sa voix claire et limpide lui vaut la même année une invitation à Kinshasa, au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) pour le sommet de l’OCAM, qui réunit 14 chefs d’Etat, et un passage à l’ORTF, dans les émissions “Discorama” et “Pulsations” en compagnie de Manu Dibango. Cette apparition dans les médias français peu accessibles à l’époque aux artistes africains, et son gala à l’Olympia en 1969, constituent sa première reconnaissance internationale.

La célébrité

C’est ensuite Alger qui l’accueille, en 1969, dans le cadre de son festival où elle a la surprise de voir Miriam Makeba, elle-aussi invitée. Lorsqu’elle se produit par la suite au Festival de la Chanson Populaire de Rio de Janeiro au Brésil, devant plus de 100.000 spectateurs au stade Maracana, son morceau “Bem Bem” (Merci, merci) provoque l’enthousiasme et lui vaut l’édition d’un 45 tours, Spécial Brésil. Elle chantera devant le Président George Pompidou pour l’exposition France / Togo à Lomé, puis pour le chancelier Willy Brandt, au 10ème anniversaire de l’OUA en 1973. Un bref passage à Paris et le prétexte à la réalisation d’un album réunissant des titres restés célèbres : “O Sényé”, “Bléwu”, “La Foulou”. Bella Bellow tournera ensuite en Grèce (Athènes), en Yougoslavie (Split), en Belgique (Bruxelles) et aux Antilles (Guadeloupe et Guyane) où “la blueswoman africaine” a séduit son public.

La même année, un mois après avoir enregistré avec Manu Dibango pour un 45 tours contenant un de ses morceaux les plus célèbres, “Sango Yesus Cristo”, Bella Bellow décède dans un accident de la circulation le 10 décembre 1973. Elle avait 27 ans.

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En hommage à la diva de la musique togolaise, la Société des Postes du Togo a mis, en juin 1998, en circulation un timbre à son effigie, en utilisant une œuvre du peintre togolais Paul Ahyi qui fut son son professeur de dessin au Lycée de Sokodé et l’avait présenté au producteur Gérard Akueson.

par   Nago Seck – Sylvie Clerfeuille  7 mai 2007 – © Afrisson






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