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Economie : Divers articles sur le Togo réunis par la commission socio économique de la Cdpa

La commission socio économique de la CDPA, présidé par le Secrétaire générale adjoint Victor Djogbessi, a réuni pour vous aider dans vos analyse économique, les dernières analyses sur la situation économique de notre pays. Les contenus des articles ne sont pas de la Cdpa, donc ne réflètent pas forcement ses points de vue. 

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES AU TOGO

 Le taux de croissance de l’économie est passé de 5.3 % en 2015 à 5 % en 2016 suite à une contraction des investissements publics et à la baisse du trafic portuaire. 

  • Le programme économique du Togo pour 2017-19 vise à baisser la dette publique de 76.0 %  du PIB en 2016 à 56.4 % à l’horizon 2021. 
  • Le gouvernement mobilise des financements pour un programme industriel (2016-18) qui a pour objectif la promotion de l’agro-industrie et la mise en place d’un fonds pour l’entrepreneuriat.

 

Le taux de croissance réel de l’économie a atteint 5.0 % en 2016 contre 5.3 % en 2015. Cette diminution de la croissance de 0.3 point en 2016 s’explique par la contraction des investissements publics et le détournement du trafic portuaire vers d’autres ports de la région en raison de la stricte application au Togo du règlement numéro 14 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sur le contrôle de la charge à l’essieu. En 2016, une bonne pluviométrie a permis à l’agriculture de contribuer à hauteur de 1.2 point à la croissance contre -1.5 point en 2015. Avec une participation négative de la production du phosphate (-0.3 point) et un faible apport de la production du clinker (0.2 point), l’apport de l’industrie extractive à la croissance a été peu significatif. Malgré plusieurs programmes visant à dynamiser l’entrepreneuriat, l’industrie manufacturière n’a contribué à la croissance du PIB qu’à hauteur de 0.2 point en 2016, inférieur à son niveau de 2015 de 0.7 point. La part de la branche bâtiment et travaux publics (BTP) de 0.5 point a aussi été inférieure aux performances antérieures de 2015 (0.8 point). Le secteur tertiaire n’a pas fait mieux avec 0.9 point, une contribution légèrement inférieure à celle de 2015 (1.1 point).

Dès 2017, le gouvernement du Togo compte intensifier les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) et engager des réformes au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). Ces réformes devraient conduire à une consolidation de la croissance, projetée à 5.1 % en 2017. Le secteur primaire se porterait mieux avec une contribution à la croissance de 1.9 point en 2017 suivi du secteur tertiaire avec 1.7 point et en dernière position le secteur secondaire avec 0.9 point. Ainsi, la projection 2017 de la contribution au PIB des branches non marchandes est de -0.9 point contre 0.8 point pour la TVA et 0.7 point pour les droits de douane.

Après un cycle quinquennal 2012-16 marqué par d’importants investissements publics et une croissance soutenue, la dette publique du Togo, est passée de 48.6 % du PIB en 2011 à 76.0 % du PIB en 2016. Ce niveau d’endettement est au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA fixée à 70 % du PIB. Le programme (2017-19) envisagé au titre de la FEC avec le FMI vise à garantir la viabilité de la dette à long terme. Depuis janvier 2017, l’accord au titre de la FEC considère que l’État ne peut plus contracter de nouveaux emprunts non concessionnels sachant que les emprunts concessionnels sont encadrés. Avec cette nouvelle orientation budgétaire, la dette publique du Togo pourrait baisser de 76.0 % du PIB en 2016 à 56.4 % à l’horizon 2021.

La structure productive du Togo repose principalement sur l’agriculture. La population active est composée d’environ 51 % d’agriculteurs indépendants, 39 % de travailleurs indépendants dans le secteur non agricole et 10 % de salariés formels. Ces derniers représentent 88 000 emplois en 2016 répartis entre le secteur public (67 %) et le secteur privé (33 %). L’économie togolaise est faiblement représentée par le secteur industriel avec seulement 19.7 % du PIB dont 5.5 % pour les industries manufacturières en 2016. Les compétences fournies par l’enseignement supérieur profitent faiblement à l’entrepreneuriat.

 

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES

 

2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 5,4 5,3 5,0 5,2
Inflation (moyenne annuelle) 0,2 1,8 2,1 2,5
Solde budgétaire / PIB (%) -4,8 -6,7 -6,3 -6,3
Solde courant / PIB (%) -9,9 -7,0 -8,0 -8,2
Dette publique / PIB (%) 57,5 62,3 63,2 64,6

POINTS FORTS

  • Pays producteur de phosphate
  • Trafics portuaire et aéroportuaire en hausse
  • Réformes structurelles en cours (finances publiques, système bancaire, secteurs des phosphates et du coton)
  • Investissements public et privé dans les infrastructures

POINTS FAIBLES

  • Fortes tensions sociopolitiques
  • Environnement des affaires déficient
  • Forts taux de pauvreté et de chômage
  • Secteur agricole peu productif
  • Sous–investissement en matière d’éducation et de santé publique

APPRÉCIATION DU RISQUE

Malgré une légère baisse, la croissance reste robuste

La croissance togolaise devrait légèrement diminuer en 2017. L’activité demeure soutenue par le secteur primaire ainsi que par les services qui pèsent pour près de 50 % dans le PIB. Ces derniers, principalement portés par les transports et le commerce international, doivent toutefois faire face à la concurrence des ports des pays voisins. Les projets d’investissements publics, ayant pour objectif de doter le pays en infrastructures, constituent aussi un pilier majeur de l’économie. Pour ce faire, les autorités prévoient d’investir massivement dans les transports et les infrastructures énergétiques, et d’intensifier les dépenses sociales. Les réformes structurelles portant sur les secteurs de l’énergie et de la finance devraient soutenir la croissance économique à l’avenir.

L’entrée des géants miniers Elenilto et Wengfu fin 2015 sur le marché du phosphate togolais (gisement de Kpémé) entre en résonance avec le projet de redressement de la filière voulu par le gouvernement. À l’horizon 2018, la production annuelle de phosphates devrait s’élever à 3 million de tonnes, favorisant la production du secteur manufacturier. Le secteur reste néanmoins tributaire des cours des phosphates, qui bien que stables, resteraient modestes.

L’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence devrait améliorer l’approvisionnement en électricité, dans un pays où seuls 31 % de la population ont accès à cette ressource. Le projet du barrage d’Adjarala et l’appel d’offre portant sur 3 centrales photovoltaïques s’inscrivent dans une optique de diversification des sources d’électricité. Un accès plus fiable à l’énergie aurait de plus des retombées positives sur des secteurs clés de l’économie (production de phosphates ainsi que ses produits dérivés)

L’inflation devrait légèrement augmenter en 2017, en restant toutefois modérée, conformément à la tendance des autres pays de l’UEMOA, en raison de la hausse modeste des cours des produits alimentaires.

Des déficits jumeaux persistants

Les dépenses électorales de 2015 ont contribué à grandement dégrader le déficit budgétaire. Après une légère consolidation en 2016, le déficit fiscal devrait rester stable en 2017. En effet, la loi de finances de 2017 s’articule autour d’une logique d’équilibre entre recettes et dépenses. Par ailleurs, le Togo, membre depuis mai 2016 de la banque africaine d’imports exports (Afreximbank), pourrait à l’avenir bénéficier de ses prêts afin de financer ses infrastructures. Enfin, l’engagement financier de la Banque Mondiale devrait s’intensifier en 2017, ce qui soulagerait les comptes publics. Enfin, des réformes concernant les recettes et la gestion des dépenses seront mises en œuvre pour stabiliser la situation budgétaire, à moyen terme.

Le déficit courant devrait légèrement se dégrader en 2017 du fait de la progression du déficit de la balance commerciale. Les importations de biens de consommation et d’équipements, dans le cadre des projets d’infrastructures, demeureraient importantes, empêchant une réelle réduction du déficit. La balance des revenus primaires devrait rester déficitaire, principalement en raison du rapatriement des bénéfices par les sociétés étrangères, tandis que les transferts des travailleurs expatriés, les subventions des bailleurs de fonds et les IDE devraient continuer à limiter le déficit courant.

Le président et son parti tiennent les rênes du pouvoir d’une main ferme, et le Togo demeure un important maillon de la lutte contre le terrorisme

Le président, Faure Gnassingbé, qui est au pouvoir depuis 2005, continuera à gouverner le pays, après sa réélection aux présidentielles du 25 avril 2015 pour un troisième mandat qui devrait le mener jusqu’en 2020. Sa position devrait être renforcée par les performances économiques du Togo ainsi que par l’amélioration des relations avec les bailleurs de fonds au cours des dernières années. Il pourra également s’appuyer sur le soutien des forces armées, qui répriment l’opposition. Le gouvernement prévoit de mettre en œuvre une stratégie de réduction de la pauvreté à l’horizon 2017, ainsi qu’une Stratégie de Croissance accélérée, ayant pour but de stimuler la croissance, l’emploi et l’inclusion économique, le renforcement de la gouvernance et la réduction des inégalités régionales.

Sur le plan extérieur, le Togo devrait renforcer ses relations avec les autres membres de l’UEMOA, ainsi qu’avec la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le pays cherche aussi à diversifier ses partenaires économiques. Au printemps 2016, le Président a ainsi rencontré les gouvernements chinois et allemands, dans le cadre d’accords portant sur le financement du développement du pays. Par ailleurs, le pays devrait continuer à contribuer de manière importante aux opérations de maintien de la paix sur le continent, notamment au Mali.

Enfin, malgré quelques améliorations portant sur le commerce transfrontalier et le règlement de l’insolvabilité, le Togo continue d’afficher de faibles performances en matière de gouvernance. Le rapport Doing Business 2017 classe le pays 154ème sur 189 pays.

Dernière mise à jour : Janvier 2017

 

TOGO – VUE D’ENSEMBLE

 

Le Togo est bordé à l’ouest par le Ghana, au nord par le Burkina Faso et à l’est par le Bénin. Sa population était estimée à 7,6 millions d’habitants en 2016.

CONTEXTE POLITIQUE

Le président Faure Gnassingbé a été réélu pour un troisième mandat de cinq ans en 2015. Le leader de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, est arrivé second avec 35 % des voix. Le nouveau gouvernement compte 24 membres, placés sous l’autorité du nouveau Premier ministre, Komi Selom Klassou.

Le paysage politique togolais est dominé par cinq formations principales : l’Union pour la république (UNIR, 62 sièges au Parlement) qui est le parti présidentiel ; l’Alliance nationale pour le changement (ANC, 19 sièges) ; le Comité d’action pour le renouveau (CAR, 6 sièges) ; l’Union des forces du changement (UFC, 3 sièges) et Sursaut national (1 siège).

En août 2017, le Togo a connu une montée de manifestations, avec notamment des revendications en faveur du retour à la Constitution de 1992, qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels. Le rejet par l’opposition d’un projet de loi excluant des dispositions clés de la Constitution de 1992, ainsi que sa non-participation au vote parlementaire qui s’est déroulé au mois de septembre, pourrait conduire à  la tenue d’un référendum.

Situation économique

L’économie togolaise affiche des résultats relativement solides. Le taux de croissance du PIB au cours des cinq dernières années s’est établi en moyenne à 5,5 %, soit un niveau supérieur à celui de la plupart des pays d’Afrique subsaharienne. Bien que le Togo ait été exposé à des chocs négatifs, avec, d’une part, la baisse des prix des matières premières qui a affecté ses principaux produits d’exportation (phosphates et clinker notamment) et, d’autre part, les répercussions du ralentissement de l’économie nigériane, le gouvernement a entrepris un programme d’investissement public ambitieux qui a permis, en 2015/16, de soutenir la demande globale.

La croissance économique a été principalement portée par la commande publique, ainsi que par la production agricole, les industries extractives et les échanges. Le secteur agricole, qui représente près de 40 % du PIB du pays et fournit plus de 60 % des emplois, a bénéficié ces dernières années de bonnes conditions météorologiques. L’inflation reste maîtrisée, à 0,9 % en moyenne en 2016, grâce à la politique monétaire prudente menée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et au faible niveau des prix alimentaires.

Le déficit des transactions extérieures courantes a baissé de 11,1 % du PIB en 2015 à 9,7 % en 2016, sous l’effet d’une chute des importations et d’une augmentation des exportations. Il reste cependant important, en raison du manque de diversification de l’économie togolaise. Ce déficit a été financé par des emprunts publics non concessionnels auprès de banques locales et par les investissements directs étrangers.

Le déficit budgétaire, qui ressortait à 7,8 % du PIB en 2015, a toutefois continué de se détériorer en 2016 pour atteindre 9,6 %, tandis que l’accumulation des arriérés de dépenses publiques s’élevait à environ 5,7 % du PIB à la fin de l’année dernière. Le ratio de la dette publique par rapport au PIB a grimpé de 75,6 % du PIB à 80,8 % entre 2015 et 2016 ; ce taux, qui dépasse le seuil de 70 % requis par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), correspond au niveau le plus élevé en Afrique de l’Ouest.

Au début de l’année 2017, le gouvernement a lancé un nouveau programme économique reposant sur un accord de trois ans avec le Fonds monétaire international et approuvé au mois de mai suivant. Ce programme a pour principal objectif de restaurer la viabilité des finances publique tout en préservant les secteurs sociaux.

L’ACTION DU GROUPE DE LA BANQUE MONDIALE AU TOGO

Le nouveau cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale pour le Togo vise à jeter les bases d’une croissance plus inclusive et durable, portée par le dynamisme du secteur privé et par des politiques, des investissements publics et des services plus efficaces. Ce cadre stratégique, qui met l’accent sur le renforcement de la gouvernance, des institutions et de la responsabilité des pouvoirs publics, porte sur trois domaines d’intervention : i) performance du secteur privé et création d’emplois ; ii) fourniture de services publics pour tous ; et iii) soutenabilité écologique et résilience. Il intègre par ailleurs les priorités thématiques d’IDA-18, à savoir la transformation économique et la création d’emplois, la fragilité, la gouvernance, l’égalité hommes-femmes et la lutte contre le changement climatique.

En septembre 2017, le portefeuille de la Banque mondiale au Togo était composé de 12 projets et programmes en cours, pour un montant total d’engagements de 220,6 millions de dollars. Ces opérations couvrent les secteurs suivants : agriculture, éducation, santé, environnement, développement communautaire, protection sociale, télécommunications et infrastructure.

Société financière internationale (IFC)

La stratégie d’IFC au Togo privilégie des projets dans l’industrie agroalimentaire, les infrastructures et les industries manufacturières. Elle s’emploie à nouer des partenariats avec les banques locales afin de financer ces projets en monnaie locale. De plus, IFC développe des solutions de financement adaptées pour la microfinance et les petites et moyennes entreprises. Afin d’améliorer le climat de l’investissement, elle fournit une assistance technique au gouvernement pour concevoir et mettre en œuvre des réformes destinées à faciliter les investissements privés. Ses engagements pour le Togo s’élèvent à 138 millions de dollars.

En ce qui concerne le climat des affaires, le classement 2016 du rapport Doing Business de la Banque mondiale fait état de progrès par rapport aux années précédentes, le Togo se situant désormais au 150e rang. Les pouvoirs publics ont en particulier facilité le processus de création d’entreprise en autorisant la publication des avis de constitution via un guichet unique et en supprimant l’obtention obligatoire d’une certification d’opérateur économique. Ils ont par ailleurs engagé des réformes importantes, notamment l’élaboration d’une feuille de route qui identifie les principales mesures de court terme permettant d’améliorer les performances du Togo, la révision et l’adoption d’un nouveau Code des investissements afin de se rapprocher des meilleures pratiques internationales, et l’adoption de la nouvelle loi sur les zones franches.

Le Togo a également marqué des points sur le plan de la privatisation des activités de l’État, qui a notamment cédé une compagnie d’assurance, deux banques, des hôtels, des entreprises de distribution d’énergie et de manutention de conteneurs.

SITUATION SOCIALE

Bien que le taux national de pauvreté ait reculé de 59 % en 2011 à 55 % en 2015, la pauvreté reste très répandue au Togo. Son incidence est surtout marquée dans les zones rurales, où 69 % des ménages vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2015. En outre, le taux de pauvreté est plus élevé parmi les ménages dirigés par une femme (57,5 %) que chez ceux dirigés par un homme (55 %). Les femmes sont aussi plus vulnérables, davantage pénalisées par un manque d’accès aux opportunités économiques et sous-représentées dans les postes à hautes responsabilités.

Les secteurs de l’éducation et de la santé représentent une part conséquente des dépenses publiques (respectivement 14 et 7 % en moyenne entre 2009 et 2014). Des efforts supplémentaires s’avèrent cependant nécessaires pour accroître ces ressources, remédier aux disparités régionales dans l’affectation de ces ressources et les utiliser avec une meilleure efficacité et efficience.

Enjeux de développement

Alors que le Togo n’est pas parvenu à atteindre six des huit objectifs du Millénaire pour le développement (à la fin de l’année 2015, le pays avait progressé dans les domaines de l’éducation primaire et de la lutte contre le VIH/sida), il devra redoubler d’effort pour réaliser les 17 nouveaux Objectifs de développement durable.

Par ailleurs, en dépit de nettes avancées soulignées dans les éditions 2016 et 2017 de Doing Business, le climat des affaires reste difficile et le pays va devoir améliorer les dix indicateurs qui servent de critères au rapport : création d’entreprise, obtention des permis de construire, accès à l’électricité, transfert de propriété, accès au crédit, protection des investisseurs minoritaires, paiement des taxes et impôts, commerce transfrontalier, exécution des contrats et règlement de l’insolvabilité.

La stratégie de réduction de la pauvreté élaborée par le Togo illustre ses principaux enjeux de développement, à savoir : le développement de secteurs à fort potentiel de croissance ; le renforcement des infrastructures économiques ; le développement du capital humain, des filets de protection sociale et de l’emploi ; l’amélioration de la gouvernance ; et la promotion d’un développement plus durable, équilibré et participatif.

LES PARTENAIRES

L’aide financière extérieure n’a cessé de croître depuis le réengagement des bailleurs internationaux en 2007. L’Union européenne a renforcé ses décaissements et son aide technique au Togo tandis que la Banque africaine de développement élabore actuellement une nouvelle stratégie-pays qui prendra la suite de l’actuelle stratégie 2011-2015. Les partenaires bilatéraux (Allemagne, Chine, États-Unis et France) augmentent également leur soutien au développement du pays. Le gouvernement a mis en place des comités de coordination sectorielle afin de gérer plus efficacement ces aides financières

Dernière mise à jour: 05 oct. 2017

TOGO : LE CONTEXTE ÉCONOMIQUE

Les indicateurs économiques

L’économie du Togo a progressé de 5% en termes réels en 2016, en légère baisse par rapport à 5,3% en 2015 en raison de l’insuffisance des investissements publics et du passage du trafic maritime vers d’autres ports régionaux. La croissance devrait atteindre 5,1% en 2017. Alors que le Togo a subi des chocs négatifs, y compris l’impact du ralentissement économique au Nigeria et la baisse des prix des matières premières pour ses principales exportations, comme les phosphates et le clinker, le gouvernement a poursuivi un programme d’investissement public ambitieux qui a permis de maintenir la demande globale. Le Togo continue de compter fortement sur l’aide étrangère et, au début de l’année 2017, le gouvernement a lancé un nouveau programme économique avec le Fonds monétaire international sur trois ans. Le programme repose sur une réduction sévère des dépenses fiscales et des efforts accrus pour mobiliser les recettes publiques afin de restaurer la marge budgétaire et de réduire le fardeau de la dette du pays.

La situation budgétaire s’est considérablement détériorée entre 2015 et 2016, le déficit budgétaire passant de 5,8% du PIB en 2013 à plus de 9% au cours de cette période. La dette publique est passée de 48,6% du PIB en 2011 à 76,0% en 2016, au-dessus de la limite de 70% de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le programme économique du gouvernement 2017-19 vise à réduire la dette publique de 76% du PIB en 2016 à 56,4% d’ici 2021. En 2016, l’inflation est restée sous contrôle, en moyenne de 2,1%.

Le Togo a un grand potentiel en termes d’agriculture, qui représente 41% du PIB du pays et emploie 75% de la main-d’œuvre, mais demeure sous-exploité, malgré une forte augmentation de la production. Le pays dispose également de gisements de clinker, qui alimentent une industrie dynamique du ciment. Le port de Lomé est un atout majeur: un des plus grands ports de la région et le transport de marchandises vers les pays voisins, l’activité dans ce port a conduit à la création d’un secteur des services. Le secteur industriel, qui était depuis longtemps sous-développé, est en cours de privatisation. À l’avenir, les principaux groupes miniers (Elenito, Wengfu) devraient commencer à opérer au Togo, ce qui devrait aider à améliorer l’approvisionnement en électricité dans le pays, où actuellement, seulement 31% de la population a accès à cette ressource. 67% de la main-d’œuvre est employée dans le secteur public, 33% dans le secteur privé. Le secteur informel continue de poser un problème.
En ce qui concerne la situation politique, l’armée du Togo a nommé Faure Gnassingbé à la présidence en 2005 suite à la mort de son père, qui avait régné pendant près de 40 ans. Sous la pression de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et de l’Union africaine, il a démissionné deux mois plus tard, mais a fini par remporter les élections présidentielles suivantes en avril 2005 et est au pouvoir depuis cette date.

 

Indicateurs de croissance 2014 2015 2016 2017 (e) 2018 (e)
PIB (milliards USD) 4,61 4,17 4,43 4,55 4,88
PIB (croissance annuelle en %, prix constant) 5,4 5,3e 5,0e 5,0 5,3
PIB par habitant (USD) 648 570e 590 590 615
Endettement de l’Etat (en % du PIB) 65,2 75,6e 79,1e 76,6 72,4
Taux d’inflation (%) 0,2 1,8 0,9 1,5 1,9
Balance des transactions courantes (milliards USD) -0,46 -0,46 -0,43 -0,41 -0,41
Balance des transactions courantes (en % du PIB) -9,9 -11,1e -9,8e -9,1 -8,4

Source : FMI – World Economic Outlook Database – Dernières données disponibles. Note : Donnée estimée

 

Indicateurs monétaires 2012 2013 2014 2015 2016
Franc CFA BCEAO (XOF) – Taux de change annuel moyen pour 1 EUR 631,06 630,96 630,63 631,22 630,86

Source : Banque Mondiale – Dernières données disponibles.

 

LES PRINCIPAUX SECTEURS ÉCONOMIQUES

 

Répartition de l’activité économique par secteur Agriculture Industrie Services
Valeur ajoutée (en % du PIB) 41,3 16,9 41,8
Valeur ajoutée (croissance annuelle en %) 8,8 3,5 3,3

Source : Banque Mondiale – Dernières données disponibles.

 

Plus d’informations sur la page « Market Analyses about Togo » de Globaltrade.net, the Directory for International Trade Service Providers.

INDICATEUR DE LIBERTÉ ÉCONOMIQUE

Définition

Note : 53,2/100

Rang mondial : 138

Rang régional : 29

 

Carte de la Liberté Economique dans le monde
Source : 
Indice de liberté économique 2017, Heritage Foundation

RISQUE PAYS

Consultez l’analyse risque pays proposée par Credimundi.

 

INDICATEUR DE LIBERTÉ POLITIQUE

Définition

Classement : Partiellement libre

Liberté politique : 4/7

Carte des libertés 2017
Source : 
Freedom House

 

INDICATEUR DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE :

Définition

Rang mondial : 86/180

Evolution : 2 places de mieux par rapport à 2016

Source : Classement mondial de la liberté de la presse 2017, Reporters Sans Frontières

Les sources d’information économique générale

Les principaux journaux on-line et autres portails

Informations du Togo.
Allafrica, Togo News
Sites Internet du Togo
Profil pays de la BBC, Togo

Les ressources utiles

Site Internet officiel du Togo 
Banque Centrale des Etats d’Afrique Centrale

Contactez l’équipe BNPP Trade Development pour trouver un intermédiaire prêt à vous accompagner au Togo.

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Dernières mises à jour en Septembre 2017

TOGO / ÉCONOMIE : TITRISATION OUTRANCIERE, INDICATEURS AU ROUGE…

Publication : 24 février 2017

Cela fait sourire lorsque l’opinion nationale d’un pays comme le Togo est invitée à applaudir parce que le FMI a injecté des milliards pour redresser l’économie. Cela devrait susciter des grincements de dents, face à la gestion calamiteuse, tout simplement parce que l’intervention des institutions de Brettons-Wood dans l’économie d’un pays est synonyme de désastre, d’endettement à croissance exponentielle. C’est le cas du Togo dont l’économie est sous tutelle avec des programmes et projets hasardeux, mal ficelés qui ont permis de détourner les fonds et les aides. La conséquence est directe, les indicateurs sont au rouge, l’économie togolaise est sous perfusion et si on n’y prend garde, les salaires des fonctionnaires seront affectés, les projets de développement suspendus et la pauvreté accentuée. L’économiste Thomas KOUMOU a tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises. Des injonctions qui nous amènent à l’analyse d’une économie togolaise endeuillée par une gestion à vau-l’eau.

Depuis quelques années, l’économie togolaise est mise à rude épreuve. Après l’orientation approximative et suicidaire à elle assignée par l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, Adji Otèth Ayassor, finalement limogé dans l’affaire ANTASER qui a été la goutte d’eau qui a débordé le vase, son successeur, Sani Yaya est appelé à la rescousse et à la lourde tâche de redresser une économie en lambeaux en payant les pots cassés, non sans grandes difficultés.

C’est un secret de Polichinelle. Au Togo, le secteur privé est lésé, anéanti et neutralisé. Alors qu’il est le secteur par excellence de la création de la richesse et de l’emploi. Il est marginalisé sur toute la ligne, en témoigne l’influence du Conseil National du Patronat et les activités des autres institutions du secteur privé. Conséquence, le pays peine à décoller parce que les autorités ont préféré promouvoir et encourager le secteur public miné par l’opacité de la gestion, le laxisme et les crimes économiques impunis.

Un exemple pour étayer cette thèse : Sous le ministre Ayassor, le Projet d’Appui au Développement du Secteur Privé (PADSP) financé à près de 7 milliards de FCFA par la Banque Mondiale s’est révélé être un fiasco à cause des manœuvres d’un certain Yves AMEGNIZIN qui se trouvait être le coordonnateur. Le programme était sous la coresponsabilité des ministères de l’Economie et des finances et du commerce chargé du secteur privé. Prévu pour être clôturé en 2016, la Banque Mondiale a dû écourter l’échéance en raison des effets dévastateurs qui le minaient : Quelques impacts de la suspension du projet.

Lourde perte financière d’investissement, plus de 368 millions de FCFA gaspillés dans des études sans suite qui a conduit cet ambitieux processus en bateau, avec des malversations financières tous azimuts. Ce qui a provoqué la colère de la Banque Mondiale qui a suspendu ce projet à travers lequel le secteur privé devrait normalement retrouver la place censée être la sienne. Le coordonnateur Yves AMEGNIZIN a disparu en toute impunité, le ministre de l’économie a été limogé et remplacé, et la ministre chargée du secteur privé est restée maintenue sans s’inquiéter. Voilà une référence qui a occasionné la descente aux enfers de toute une économie.

 

Dans une publication faite par l’association Veille Économique de l’expert en économie et finance, Thomas KOUMOU, il est question d’une situation scandaleuse qui est aussi la cause de l’effondrement de l’économie : « Nous souhaitons informer une fois de plus nos compatriotes sur l’une des méthodes qui ont conduit à une augmentation rapide de notre niveau d’endettement public, estimé selon les gouvernants à plus de 1 800 milliards de FCFA. Il faut comprendre que lorsqu’on parle de la dette publique du Togo, on parle aussi bien de la dette intérieure comme de la dette extérieure. Nos compatriotes doivent savoir que les gouvernants ont transféré dans le portefeuille de la dette intérieure les dettes de certaines sociétés d’état en liquidation telles que : SOTOCO (15 882 670 271 FCFA), OTP (ancien Office Togolais des Phosphates, 14 563 455 415 FCFA), IFG (qui a succédé à OTP, 13 107 879 662 FCFA), TOGOPHARMA (1 068 916 050 FCFA), FER (Fonds d’Entretien Routier, 4 920 535 416 FCFA), FICAO (11 263 506 256 FCFA). En termes clairs, vous et moi avons doté les sociétés d’état de capitaux pour leur fonctionnement, les gouvernants ont dilapidé les ressources de ces sociétés, ils ont transféré la dette dans le portefeuille de la dette intérieure du pays, vous et moi ainsi que nos enfants allons payer cette dette. Autant dire que nous sommes en esclavage. »

Cette situation exposée par le responsable de Veille Économique est un concept économique très corrosif et dénoncé par les analystes macroéconomiques. Cela s’appelle La TITRISATION DES CREANCES.

La titrisation est une technique financière qui transforme des actifs peu liquides, c’est-à-dire pour lequel il n’y a pas véritablement de marché en valeurs mobilières facilement négociables comme des obligations. Chaque investisseur acquiert en quelque sorte une fraction du portefeuille d’actifs titrisés, sur la base des flux financiers futurs des actifs qui garantissent le remboursement des obligations.

C’est ce que l’ancien ministre Ayassor conseille au Togo qui a consisté à obtenir des prêts auprès de grandes banques sur plusieurs années et qui obligeaient l’Etat togolais, à chaque exercice, à verser près de 120 milliards FCFA pour effacer une partie de ses dettes qui ont servi à faire pousser de terre des éléphants blancs. Des projets dont l’existence physique n’existe nulle part. Ce qui veut dire qu’une partie des fonds a pris une destination inconnue, l’autre partie ayant servi à contenir les menaces de grève pour arriérés de salaires. Plusieurs paradigmes sont mis en jeu dans ce concept, nomment les détails liés à la structuration du prix du litre du pétrole à la pompe et d’autres taxes qui ne profiteront qu’aux individus qui continuent de circuler librement.

Or, les sociétés d’Etat hypothéquées pour consentir ces prêts sont dans un état comateux en raison de la même mauvaise gestion. On se rappelle le scandale de détournement à TOGOPHARMA exposé par la commission anticorruption en 2001, les différentes dérives et malversations dans la gestion de l’OTP, du FER, de la SOTOCO, et de la FICAO cités dans la publication de l’association Veille Économique.

Aussi d’autres sociétés ont-elles été mises à mort dans les mêmes conditions de malversations. On peut citer, entre autres l’Office des Produits Agricole du Togo (OPAT), la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA) et plusieurs Hôtels dont Hôtel de la Paix, Tropicana etc.

A ce jour, ni les directeurs généraux ni les liquidateurs de ces sociétés ne sont inquiétés. Au contraire, ils pavanent à longueur de journée et narguent les togolais à la tête de plusieurs autres structures. C’est le cas de Ferdinand Tchamsi qui a ruiné le FER, de Charles BIRREGAH qui a détourné les fonds de liquidation de l’OPAT,  de Yves AMEGNIZIN du PASDP pour ne citer que ceux là.

Cela prouve à suffisance que l’impunité économique qui règne ne peut permettre l’éclosion d’une économie sérieuse et compétitive.

La crise des surprimes d’août 2007 en Europe et aux Etats Unis, une crise qui a affecté l’économie planétaire a mis en lumière certaines dérives dans l’utilisation de la titrisation des créances immobilières. On a mis en cause la mauvaise qualité des créances titrisées, la mauvaise liquidité de ces titres, le travail des agences de notation ainsi que le principe même de la titrisation qui ne permet pas toujours d’avoir une vision claire de la situation des débiteurs (eux-mêmes mal identifiés) et des risques réellement pris. Et pour le Togo, le risque fut grand et les conséquences fastidieuses.

Le révoltant cas du PUDC

Le PUDC est défini comme le Programme d’Urgence de Développement Communautaire. C’est un programme mijoté dans les réseaux de la Directrice de Cabinet, Victoire Sidémého DOGBE, mis dans la complicité de gestion du ministère du développement à la base. C’est le Programme des Nations Unies pour le Développement qui pilote ce programme. Les experts en développement dénoncent l’esprit de ce projet qui est loin du schéma exécuté au Sénégal.

C’est assez clair que le Programme en question met à la touche plusieurs institutions de l’Etat. Les prérogatives assignées à ce programme font penser que plusieurs structures de l’Etat ont échoué. Notamment le ministère des infrastructures, le ministère de la décentralisation, les délégations spéciales, et même le ministère du développement à la base.

Financé à 155 milliards de FCFA pour l’Etat togolais, les différentes réalisations du programme sont sous traitées au PNUD qui naturellement devrait tirer sa part de commission. Alors que cette part devait permettre de réaliser d’autres projets au profit des populations vulnérables.

Par ailleurs le choix sociologique des cibles et des localités pour les ouvrages est biaisé. Il est plutôt politicien, ce qui revient à constater que certains ouvrages ne répondent pas aux réalités.

Quant à la gestion, on attend la fin pour voir comme d’habitude des dégâts.

Là encore il y a de l’amateurisme dans la gestion et c’est l’économie qui en pâtit.

Plusieurs autres programmes devraient relever le niveau de l’économie du pays mais des prédateurs précités n’ont jamais pu délivrer le pays des détournements et de la mauvaise gouvernance.

La dette s’alourdit, les problèmes s’accumulent, les revendications, notamment des enseignants restent insatisfaites et le Togo baigne dans une situation d’austérité sans égal.

On espère que les esprits avisés pourront prendre la mesure de la menace économique et engager une véritable action d’exorcisme de l’économie togolaise avant que la satisfaction des besoins élémentaires ne devienne impossible.

Carlos

 






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